Wolf Hall • 2009 • Hilary Mantel
« Les hérétiques n’ont pas le droit de garder le silence, même s’ils savent parfaitement que tout ce qu’ils diront sera utilisé contre eux ; lorsqu’ils se taisent, il faut leur briser les doigts, leur brûler le corps avec des fers rougis et les suspendre à la voûte par les bras disloqués. »
Un livre absolument illisible. Probablement le roman le plus ennuyeux que j’aie jamais rencontré.
Son échec fondamental tient au fait qu’il n’y a pratiquement pas de roman à l’intérieur — il n’y a pas de récit. Le contexte historique est remarquablement reconstitué, mais qui voudrait ne regarder que l’arrière-plan d’un tableau qui ne dit rien ? Qui voudrait écouter uniquement un accompagnement musical dépourvu de thème principal ?
L’autrice semble davantage intéressée par la reconstitution des didascalies historiques que par la création d’un récit vivant.
En outre, la narration fatigante, parfois presque expérimentale, fait qu’il est souvent difficile de comprendre qui parle réellement et ce qui est en train de se passer.
Le roman est censé raconter l’histoire de Thomas Cromwell, homme de confiance d’Henri VIII, mais le personnage principal demeure étonnamment effacé. Souvent désigné simplement par « il », il se perd parmi des dizaines d’autres personnages présentés avec une importance presque identique.
Même si Cromwell avait été davantage placé au premier plan, cela n’aurait pourtant pas changé grand-chose. Pendant la majeure partie du livre, le personnage ne fait rien d’autre que se déplacer d’un endroit à un autre et participer à une succession de conversations.
Le livre manque de profondeur psychologique. Nous ne découvrons ni les véritables motivations des personnages, ni leurs drames intérieurs, ni les conflits intellectuels qui pourraient retenir l’attention du lecteur.
L’erreur fondamentale de Mantel semble être de ne pas comprendre le roman comme un récit portant sur quelque chose — et non comme la simple reconstitution d’une époque.
L’ennui.